Pendant longtemps, j’ai cru que trader avec discipline, ça voulait dire « surveiller le graphique en permanence ». J’étais là à 7h, à 8h, à 9h. Je zoomais, dézoomais, changeais de paire, revenais. Je finissais par entrer sur n’importe quoi — parce qu’après deux heures d’attente, mon cerveau avait besoin d’action.
Ce que j’ai appris à la dure : ce n’est pas le temps passé devant l’écran qui fait un bon trade. C’est la qualité de la lecture avant d’ouvrir une position. Aujourd’hui, ma routine tient en quatre étapes précises. Elle ne garantit rien — aucune routine ne le fait. Mais elle me force à trader avec du contexte plutôt que de l’émotion.

Voici comment elle fonctionne.
Vue d’ensemble : un protocole en 4 étapes
Cette routine repose sur une logique simple : le marché a un comportement algorithmique répétable. Pas tous les jours, pas à chaque trade — mais avec une régularité suffisante pour être exploitée. Chaque étape filtre un peu plus le bruit jusqu’à ne garder que les setups qui ont plusieurs raisons d’exister simultanément.
| Étape | Action | Ce qu’on cherche | Timeframe |
|---|---|---|---|
| 1 | Prise de liquidité PDH / PDL | Le marché a-t-il déjà touché le haut ou le bas du jour précédent ? | Daily / H4 |
| 2 | SMT Divergence | Un actif corrélé ne confirme-t-il pas le move ? Signal de retournement. | H1 / 15M |
| 3 | Changement d’état de livraison | Le H1 montre-t-il un retournement via PD Arrays (FVG inversé, OB) ? | H1 |
| 4 | Entrée Midnight + ciblage | Entrer près de la Midnight Line (6h Paris) avec un objectif de liquidité clair | 5M / 1M |
Étape 1 — La prise de liquidité PDH / PDL
Le premier réflexe chaque matin : identifier le Previous Daily High (PDH) et le Previous Daily Low (PDL) — c’est-à-dire le plus haut et le plus bas de la journée précédente. Je les trace comme deux lignes horizontales sur mon graphique avant même d’ouvrir une paire.
Pourquoi ? Parce que le marché, neuf fois sur dix, va toucher l’un de ces deux niveaux dans la journée. Ce n’est pas une croyance : c’est une mécanique. Ces niveaux concentrent des stops accumulés par les traders qui ont positionné la veille. La Smart Money n’a pas d’ordre sans contrepartie. Elle va chercher cette liquidité.
Ma première question du matin est donc simple : est-ce que le PDH ou le PDL a déjà été touché ?
- Non → le niveau est encore intègre. C’est une zone d’attraction. Je surveille si le prix s’en approche en session de Londres.
- Oui → la liquidité a été prise. C’est le signal que la direction peut se retourner — et que les étapes suivantes deviennent pertinentes.
Si le PDH est touché le lundi matin à 8h30 et que le prix clôture en dessous après le toucher : la liquidité a été prise, les stops ont été exécutés. Je cherche maintenant à aller short. Si le PDL est touché et que le marché rebondit : inverse. Je regarde un long.
Étape 2 — La SMT Divergence : la confirmation que la Smart Money est là
La SMT Divergence (Smart Money Technique Divergence) est mon filtre le plus puissant. L’idée : comparer deux actifs fortement corrélés pour détecter un moment où ils ne se suivent plus.
Les paires que j’utilise :
- EUR/USD et GBP/USD — les deux paires majeures dollar qui bougent généralement ensemble
- Gold (XAU/USD) et Silver (XAG/USD) — les deux métaux précieux corrélés
- NQ (Nasdaq) et ES (S&P 500) — les deux indices américains majeurs
Le signal de divergence se forme ainsi : l’actif A franchit son PDH (ou PDL) mais l’actif B ne le franchit pas. Ce découplage indique que le move de l’actif A n’est pas soutenu. La Smart Money a utilisé ce franchissement pour charger des positions dans l’autre sens — c’est-à-dire vendre si le PDH était touché, ou acheter si le PDL était touché.
| Scénario | Actif A | Actif B | Signal SMT | Biais résultant |
|---|---|---|---|---|
| Divergence haussière | Fait un nouveau PDL | Ne fait pas de nouveau PDL | Liquidity grab baissière non confirmée | Long potentiel |
| Divergence baissière | Fait un nouveau PDH | Ne fait pas de nouveau PDH | Liquidity grab haussière non confirmée | Short potentiel |
La SMT Divergence seule ne suffit pas à entrer. C’est un filtre de confirmation, pas un signal d’entrée. Elle me dit que quelque chose de significatif vient de se passer — et que les prochaines étapes valent la peine d’être vérifiées.
Étape 3 — Le changement d’état de livraison du prix
C’est l’étape que beaucoup sous-estiment. Après la prise de liquidité (Step 1) et la divergence SMT (Step 2), je cherche sur le H1 un changement dans la structure de livraison du prix — ce qu’ICT appelle un change in the state of delivery.
Concrètement, je cherche l’un de ces signaux sur le H1 :
- Un FVG inversé (Inverted FVG) : un Fair Value Gap haussier que le prix traverse à la baisse, se transformant en zone de résistance. Ou l’inverse.
- Une clôture au-delà d’un Order Block : le prix clôture une bougie H1 à l’intérieur ou au-delà d’un OB institutionnel, signalant que l’état d’accumulation ou de distribution a changé.
- Un Break of Structure H1 dans la direction attendue : après la prise de liquidité, le prix casse un swing H1 dans le sens du retournement prévu.
Je privilégie le H1 pour cette lecture parce que c’est le timeframe le plus « propre » pour le day trading : ni trop macro (H4 peut mettre plusieurs heures à se développer), ni trop bruitté (15M ou 5M peuvent générer des faux signaux). C’est le juste milieu entre contexte et réactivité.
Si les étapes 1 et 2 sont validées mais que le H1 ne montre aucun changement d’état : je n’entre pas. La structure n’a pas encore confirmé le retournement. J’attends. La patience ici m’a sauvé de dizaines de faux breakouts.
Étape 4 — L’entrée Midnight Line et le ciblage
Quand les trois premières étapes sont alignées, il reste à trouver quand et où entrer exactement. C’est ici qu’intervient la Midnight Line — le niveau de prix correspondant à l’ouverture de minuit heure de New York, soit 6h00 du matin en France.
ICT enseigne que l’algorithme de livraison des prix se réfère au temps autant qu’au prix. Minuit New York est le début du nouveau « jour algorithmique ». Les manipulations qui se produisent autour de ce niveau — un mouvement soudain juste avant 6h Paris, un faux breakout à 6h15 — sont souvent des pièges institutionnels précédant le vrai mouvement de la session de Londres.
En pratique, je cherche :
- Un retour du prix vers la Midnight Line (ou le NDOG si présent) après la manipulation de début de session
- Un signal de confirmation LTF (micro-BOS 5M ou 1M, Displacement, mitigation d’OB) dans cette zone
- Un objectif clair avant de déclencher l’ordre : le PDH ou PDL non encore touché, un FVG Daily non comblé, un Old High/Low
Je n’entre jamais sans avoir défini mon objectif avant d’ouvrir la position. Si je ne sais pas où le marché va en priorité, je ne trade pas. Une entrée sans cible, c’est une entrée qui dépend de l’émotion pour sortir. Et l’émotion sort toujours au mauvais moment.
La routine complète en un coup d’œil
Mon protocole chaque matin — de 5h30 à 9h00
5h30 → J’identifie le PDH et le PDL sur Daily. Je les trace sur toutes mes paires surveillées.
6h00 → Je marque la Midnight Line (ouverture minuit New York). J’observe si le prix est au-dessus ou en dessous.
6h00–8h00 → Je surveille si le PDH ou PDL est touché en session asiatique / début Londres. Si oui : je cherche la SMT Divergence sur ma paire corrélée.
Divergence validée → Je passe au H1. Je cherche un changement d’état : FVG inversé, OB traversé, BOS dans le sens du retournement.
H1 confirmé → Je descends au 5M / 1M. Je cherche un trigger propre : Displacement ou mitigation OB près de la Midnight Line ou du NDOG.
Objectif défini → J’entre avec SL sous la zone de liquidité prise (bas du PDL ou haut du PDH). TP vers FVG Daily, swing non touché, ou liquidité externe.
Si une seule étape manque — pas de trade. Il y aura une autre opportunité demain. Il n’y aura pas de capital supplémentaire si je force un setup incomplet.
Ce que cette routine ne fait pas
Je veux être honnête : cette méthode ne génère pas un trade tous les jours. Certains matins, le PDH et le PDL ne sont pas touchés en session de Londres. Certains jours, la SMT Divergence est absente. Certaines semaines, le marché est en range consolidé sans structure claire.
C’est normal. Et c’est même une force : un protocole qui ne génère que 2 ou 3 trades par semaine, mais des trades contextualisés et ciblés, est infiniment préférable à 10 trades quotidiens dont 7 reposent sur de l’impatience.
Pour aller plus loin dans la lecture du contexte, cette routine s’appuie à fond sur le Top-Down Analysis que j’effectue chaque dimanche soir, et sur la compréhension des Daily Profiles ICT pour savoir quel type de journée attendre.
Conclusion
Je ne passe plus trois heures devant l’écran le matin à chercher quelque chose à trader. Je fais ma lecture en 30 minutes, je définis mes niveaux, et j’attends. Soit les étapes s’alignent — et j’ai un trade. Soit elles ne s’alignent pas — et j’ai évité un mauvais trade.
Dans les deux cas, j’ai fait mon travail.
Ce n’est pas la routine parfaite. C’est la mienne, calibrée sur des mois de journalisation et d’ajustements. Si tu commences à la tester, note tout : quand les étapes ont été validées, quand elles ne l’ont pas été, et ce qu’il s’est passé dans les deux cas. C’est ton journal de trading qui construira ta propre version de ce protocole.





Ajouter un commentaire